Sulco-Passion

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ALBIPECTINATA


ARENACEA


BREVIFLORA


CANIGUERALII


CARDENASIANA


CINTIA


CYLINDRICA


DEMUNITA

    ssp. demunita

    ssp. kupperiana

EINSTEINII

    ssp. einsteinii

    ssp. aureiflora

    ssp. gonjianii


FABRISII


FIDANA


FIEBRIGII


GLOMERISETA


HELIOSA


KRUGERAE

MENTOSA

    ssp. mentosa

    ssp. purpurea


MINUSCULA


NEOCUMINGII

    ssp. neocumingii

    ssp. lanata

    ssp. pulquinensis


NEUMANNIANA


OLIGACANTHA

(syn. de S. tarijensis)


PADCAYENSIS


PULCHRA

PULVINOSA

    ssp. pulvinosa

    ssp. albiflora

    ssp perplexa


PYGMEA


RITTERI


STEINBACHII

    ssp. steinbachii

    ssp. tiraquensis

    ssp. verticillacantha


STEINMANNII


TARIJENSIS

(ne pas confondre avec S. tarijensis)


VASQUEZIANA

Comme on peut le voir très peu de noms d'espèces subsistent. Comment se fait-il que tant de noms disparaissent ou du moins que l'on tende à les rassembler ?
Cela vient, je pense, de l’énorme écart qui existe entre le point du vue du collectionneur et le point de vue purement scientifique.
Essayons d'abord de comprendre ce que l'on entend par "espèce".
La définition que D. Hunt en donne dans son New Lexicon est : "A series of similar intergrading and interfertile populations, recognizably distinct from other such series and reproductively isolated from other such series". (1)
N'arrivant pas à faire une traduction claire et précise de cette définition, j'ai demandé l'aide d'un scientifique : Denis Diagre.
Voici donc sa traduction agrémentée de quelques explications intéressantes et très claires :
"Un ensemble de populations interfertiles, dont les caractères distinctifs apparaissent graduellement entre elles,  ensemble de populations manifestement distinct d'autres ensembles de même nature et incapable * de se reproduire avec ces derniers."

Classification sensu
Hunt - Taylor - Charles
 
(The New Cactus Lexicon - 2006)

A noter que dans cette classification, les genres qui nous intéressent (Sulcorebutia, Weingartia et Cintia) sont tous repris sous le genre Rebutia.

* Dans sa définition, Hunt parle de "reproductively isolated " que l'on pourrait traduire par "isolement reproductif". Il faut donc comprendre, lorsque Denis dit "incapable", non pas "ne pas avoir l'aptitude" mais bien "être dans l'impossibilité". En effet, ces différents ensembles peuvent être isolés géographiquement, séparés par des barrières naturelles, connaître des périodes de floraisons différentes... et donc, bien être "dans l'impossibilité de se reproduire entre eux" en dépit de l'interfécondité.

Je cherche le mot juste pour "intergrading"... En  fait la notion qu'il met en avant, c'est que ces populations ne sont pas séparées abruptement par des caractères qui les différencient, mais que ces derniers, quand ils existent, apparaissent progressivement, puis de plus en plus distinctement, au sein des populations envisagées.
Exemple: une population de Sulco. présente des épines noires, sur une colline... sur la colline d'à côté, une population (qui se reproduit très bien avec la première) présente des épines jaunes.
L'intergrading, c'est le fait qu'entre ces deux collines, on va croiser des Sulco. avec les épines des deux couleurs, ou des exemplaires "jaunes" et des "noirs", ensemble (se reproduisant toujours ensemble, naturellement).
"Idéalement", sur la colline 1, on a 100% d'épines noires; sur la 2  100% d'épines jaunes... et entre les deux, on glisse progressivement des noires vers les jaunes.
L'idée de cette définition de l'espèce (il y en a d'autres), c'est qu'il faut interfertilité entre les populations (notion discutable, parfois) et caractères distinctifs non circonscrits à une population, mais partagés par des populations intermédiaires.
Attention, l'espèce est un casse-tête depuis des siècles, et une telle définition essaie juste de maintenir un accord entre les différentes écoles qui ont une définition propre. Il existe une définition cladistique, phénétique, morphologique, par exemple, liées à la technique que les chercheurs préfèrent, donc à leurs choix philosophico-scientifique. Bref, cette définition cherche à être acceptable par un maximum de chercheurs. Pas simple, ces histoires ! Le science - mais les chercheurs ne sont pas toujours capables de l'accepter - ce sont des choix, parfois des a priori, des impressions, des convictions etc."
David Hunt dit : "Pour les taxonomistes, l’accent est mis sur la classification. Pour eux, l’espèce est un concept beaucoup plus élastique, puisque il est supposé prendre en compte la variabilité a l’intérieur et entre les populations, un point souvent négligé par beaucoup de collecteurs – auteurs dans le passé. Depuis leur introduction, la plupart des spécimens cultivés ont été reproduits à partir de graines collectées à l’origine sur peu, voire un seul individu sauvage, ou encore propagés par bouturage, et donc, en fait, « clonés » à partir de peu de spécimens, voire un seul. Ce que nous avons dans nos collections sont donc des « sélections » et qu’elles semblent plus ou moins constantes, invariables ou prévisibles, et distinctes n’est pas très surprenant. Mais cela ne veut pas dire qu’elles soient toutes des espèces différentes dans le sens défini plus haut." (1)
Voilà ce qu'il en est de l'approche scientifique.
Et qu’en est-il de la notion d'espèce du point de vue du collectionneur ? Et bien D. Hunt en parle également :
"Pour quiconque cultivant ou collectionnant des plantes, avoir des noms précis et constants est primordial. Par essence et à juste titre, l’approche devrait être celle du catalogue de pépiniériste afin de pouvoir spécifier exactement la plante que l’on a, que l’on recherche ou dont on parle. Il faudrait pour chaque plante d’aspect différent ou de comportement différent, un nom différent le plus simple possible."
"Les passionnés qui visitent les habitats se rendent compte que beaucoup d’espèces sont beaucoup plus variables là-bas que le laissent paraître les plantes en collections et que le meilleur moyen de spécifier exactement la plante dont on parle est de la rattacher à son origine précise via un nom d’endroit individuel ou un numéro de collecte." (1)
Et en effet, en tenant compte de la classification de Hunt, le collectionneur possédant des R. caracarensis, R. inflexiseta, R.crispata, R. rauschii et R. pulchra devrait tous les étiqueter "R. pulchra". Même si scientifiquement cela se justifie, je pense malgré tout que l'emploi du nom "des anciennes espèces" apporte déjà, en quelque sorte, un certain "classement" (à défaut de classification) et que l'ajout du numéro de collecte permet de savoir exactement de quelle plante il est question.
(1) D. HUNT, N. TAYLOR & G. CHARLES, The New Cactus Lexicon, DH Books, 2006, p.4.
#Sulco